Téléchargez le visuel

Télécharger l'image     Télécharger la source

 

Simone Veil, la femme  préférée des Français, ancienne ministre de la santé, est décédée ce vendredi 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans. Elle s’est éteinte vers 8h15 à son domicile du 7ème arrondissement de Paris. Simone Veil est sans nul doute la femme politique française la plus célèbre et la plus populaire, et ce depuis le milieu des années 1970. Cette renommée est due à son combat pour la loi qui porte son nom, relative à l’interruption volontaire de grossesse I.V.G. votée en 1975, et à un parcours de vie exceptionnel marqué par la tragédie, intimement inscrit dans l’histoire politique de l’Europe du XXe siècle.

Rescapée de la Shoah, elle a une trajectoire de pionnière, en occupant des postes jusque-là inaccessibles aux femmes au sein de l’administration comme en politique. Elle incarne la figure d’une féministe engagée modérée, d’un témoin respecté de la mémoire de la solution finale et d’une professionnelle de la politique à la carrière atypique, menée en dehors des filières et des partis politiques traditionnels.

Rescapée de la Shoah, elle entre dans la magistrature comme haut fonctionnaire jusqu’à sa nomination comme ministre de la Santé, en mai 1974. À ce poste, elle fait notamment adopter la loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975, qui dépénalise le recours par une femme à l’interruption volontaire de grossesse.

De 1979 à 1982, elle est la première femme à présider le Parlement européen élu au suffrage universel. Elle est ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement Édouard Balladur, puis siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Élue à l’Académie française le 20 novembre 2008, elle est reçue sous la Coupole le 18 mars 2010.

Durant cette dernière décennie, elle ne sort de sa réserve que pour faire campagne en 2005 pour le Traité européen qui lui tient à cœur et, en 2007 pour affirmer son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Ce dernier engagement a été très commenté, contrastant avec le reste d’une carrière menée au centre dans une grande indépendance à l’égard des partis politiques et des surenchères populistes.

Son soutien s’avère néanmoins critique et exigeant, comme en témoigne sa vive dénonciation de la création du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale et de l’idée de « confier la mémoire d’un enfant français victime de la Shoah à chaque élève de CM2 ». Élue en 2008 à l’Académie française au fauteuil de Pierre Messmer, elle entre sous la Coupole en mars 2010.