Sa biographie

L’enfance

Le 3 septembre 1939, le Royaume-Uni puis la France déclarent la guerre à l’Allemagne nazie. Lorsque l’armistice est signé, André Jacob est accablé. Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale, réunie à Vichy, vote à une écrasante majorité les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le régime de Vichy (gouvernement de Pierre Laval) promulgue, le 4 octobre 1940, le premier statut des Juifs qui établit une série d’interdictions à l’encontre des Juifs et l’obligation de se déclarer aux autorités.

André Jacob remplit les démarches et perd le droit d’exercer sa profession. Yvonne Jacob passe ses journées à chercher de la nourriture pour sa famille.

L’année suivante, les enfants Jacob sont envoyés près de Carcassonne, où ils séjournent en compagnie d’un oncle et d’une tante.

De retour à Nice, la famille, qui habite un appartement, subit la ségrégation progressive des lois anti-juives. Les enfants participent activement aux activités des scouts et des éclaireuses. Le danger devient manifeste à partir de septembre 1943, date de la prise de contrôle de la Côte d’Azur par l’occupant allemand, sous la direction d’Alois Brunner, en remplacement des Italiens.

En mars 1944, Simone Jacob passe son baccalauréat.

L’arrestation

Lors d’un contrôle effectué dans la rue par deux SS, Simone Jacob, alors âgée de 16 ans et qui se fait appeler Simone Jacquier, est arrêtée le 30 mars 1944, à Nice, où elle réside chez son professeur de lettres classiques. Elle est emmenée à l’hôtel Excelsior, quartier général allemand, qui sert à cette époque de lieu de regroupement local des juifs arrêtés avant leur déportation vers l’Allemagne. Dans les heures qui suivent, le reste de sa famille, hébergée malgré les risques encourus par plusieurs couples de relations et d’amis niçois, est arrêté par la Gestapo. Sa sœur Denise Vernay, entrée à 19 ans dans un réseau de Résistance à Lyon, est arrêtée en 1944, et déportée à Ravensbrück d’où elle revient.

La déportation à Auschwitz-Birkenau

Simone transite par le camp de Drancy. Son père et son frère Jean sont déportés en Lituanie par le convoi 73. Simone Veil ne les a jamais revus. Le 13 avril 1944, soit deux semaines après leur arrestation, Simone, sa mère et sa sœur Madeleine sont envoyées de Drancy (convoi no 71) à destination d’Auschwitz-Birkenau, un des camps d’extermination nazis, où elles arrivent le 15 avril au soir. Un prisonnier parlant français lui conseille de se dire âgée de plus de 18 ans pour passer la sélection et éviter l’extermination. Elle reçoit le matricule 78651 qui lui est tatoué sur le bras. Le travail forcé consiste alors à « décharger des camions d’énormes pierres » et « à creuser des tranchées et aplanir le sol ».

La marche de la mort jusqu’à Bergen-Belsen et la Libération

En juillet 1944, avec sa mère et sa sœur, elle est transférée à Bobrek, à cinq kilomètres de Birkenau. Peu avant la libération du camp d’Auschwitz le 27 janvier 1945, les Allemands emmènent leurs prisonniers dans la marche de la mort jusqu’au camp de Bergen-Belsen où elle travaille à la cuisine. Sa mère meurt du typhus en mars 1945. Sa sœur Madeleine, atteinte également, est sauvée de justesse grâce à l’arrivée des Alliés.

Bergen-Belsen est libéré par les troupes britanniques le 15 avril 1945. Simone, Madeleine et son autre sœur Denise (engagée dans la Résistance) sont les seules survivantes de la famille, puisque leur père, leur mère et leur frère ne sont pas revenus des camps.

Après son retour en France, elle se tient prête à parler, mais a l’impression que presque personne ne veut entendre ce qu’elle a à dire.

Simone Veil évoque la déportation de sa famille dans un documentaire du 2 septembre 1976.

Retour en France

Simone Jacob est de retour en France le 23 mai 194512. Seule de toute l’Académie à avoir passé et obtenu son baccalauréat en mars 1944, la veille de son arrestation, elle s’inscrit, en 1945, à la faculté de droit de Paris et à l’Institut d’études politiques de Paris, où elle rencontre Antoine Veil (1926-2013), futur inspecteur des finances et chef d’entreprises, qu’elle épouse le 26 octobre 1946.

Sa sœur Madeleine meurt avec son fils Luc en 1952, à la suite d’un accident de voiture, alors qu’elle rentrait de Stuttgart, où elle était allée rendre visite à Simone. Ce nouveau drame sera vécu douloureusement, puisque Madeleine était la seule personne avec qui elle pouvait parler et partager l’expérience de la Déportation.

Simone et Antoine Veil ont eu trois fils, Jean, avocat d’affaires (né le 26 novembre 1947), Claude-Nicolas (1948-2002), Pierre-François, avocat (né en 1954), et plusieurs petits-enfants.

Carrière judiciaire

Munie de sa licence de droit et de son diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris, elle renonce à la carrière d’avocate et passe avec succès, en 1956, le concours de la magistrature. Elle occupe dès lors un poste de haut fonctionnaire dans l’administration pénitentiaire au ministère de la Justice, où elle s’occupe des affaires judiciaires. Pendant la Guerre d’Algérie, elle réussit à faire transférer en France des prisonnières algériennes qu’elle estimait exposées aux mauvais traitements et aux viols. Elle passe en 1964 aux affaires civiles. En 1970, elle devient secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Carrière politique

Dans ses mémoires, Simone Veil mentionne une action politique de sa part dès 1971 au conseil d’administration de l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF). À ce poste, elle surprend en s’opposant notamment à la diffusion du documentaire sur l’Occupation, Le Chagrin et la Pitié, qu’elle juge injuste et partisan.

Simone Veil est décédée le vendredi 30 juin 2017 dans la matinée.

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